De contradictions en (contre) "addiction" je laisse parfois filtrer des bribes de mon bric à brac personnel. Un peu de rêve, quelques bouts de fils et surtout beaucoup de remue-méninges !

Vous avez dit ?

je rends ma copie !

Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 00:57

 

-         Pan ! T’es morte !

-         Eryn ? Qu’est-ce que tu fabriques ? A qui tu parles ?

-         Rien m’man, je joue.

-         Et tu joues à tirer sur quoi ?

-         Sur l’ambulance.

-         Mais…

-         Je sais maman, je sais ce que ça veut dire mais il y a un type à la télé qui le dit sans arrêt : « tirez pas sur l’ambulance » et ça m’agace. Alors quand j’en entends une, pan, je lui tire dessus.

-         Tu n’as pas plutôt des devoirs à terminer ?

-         Oh, c’est comme si c’était fait !

-         Non, si tu le les as pas faits c’est encore à faire, ce n’est pas comme si.

-         J’ai une rédac, mais je vois vraiment pas ce que je peux écrire. Le sujet c’est « la page blanche ». J’ai RIEN à écrire !

-         Le sujet ne t’inspire pas ?

-         C’est plutôt la prof qui n’était pas inspirée sur le coup-là tu crois pas ? Mais si j’écris ça elle va pas aimer.

-         Oui évidement, vu comme ça… Mais comme pour l’ambulance, c’est une expression que tu n’as pas intérêt à prendre au pied de la lettre si tu ne veux pas avoir des ennuis, et un zéro !

 

Au pied de la lettreuuu mon ami stylo

Prête-moi ta têteuuu pour écrire un mot

Ma copie est blancheuuu

Si j’y mettais l’feu ?

 

-         Eryn !

-         Oui oui j’y vais…

 

La page blanche : l’éternel marronnier des écrivains. Ca en fait couler de l’encre, finalement. Des pages et des pages noircies pour fuir la peur du vide. J’en ai moi-même quelques unes à mon actif.

En vers…

 

1991 (remanié en 2006) :

 

C’est le temps décidé

A ne plus rien y faire

Que d’entendre se taire

L’étrange mélopée,

La sulfureuse danse

Des pensées emmêlées…

 

Le temps désabusé

A ne plus faire d’enfants,

Nos entrailles muettes

Sont devenues stériles

Sous la plume obsolète

De nos amours ternies.

 

Aucun mot ne veut naître !

 

C’est la ronde infernale

Trépignant dans le noir

Que la raison recale,

Recluse, sans espoir

De s’évader un jour…

 

Le cahier a du tact !

Les mots ont beau bouillir

La page blanche intacte

Ne veut les engloutir.

Et tu me dis je t’aime,

Et je le pense aussi…

 

Pourtant croyant quand-même

Souffrir de mal d’aimer,

Silencieuse et blême

Sur la feuille arrachée

Ma solitude dure

S’amplifie et se mure.

 

En prose minimaliste ?

 

sans espoirs je suis poire, sans mots je suis moite, sans coït je reste coite. (voir ici) 

Ou à peine plus !

 

Je ne sais pas où j'étais, j'avais plein de trucs à écrire et pfuitt' plus rien, même pas la trace d'un son en souvenir. (la suite ici)

 

Voilà, voilà, une bonne page de remplie J - Ecriture Ludique exercice 25 : la page blanche / exercice 62 : expressions.

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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 15:31
 

"Ombre et rocher" - Alexandre Koening

 

 

Les vents de révolte se font si nombreux, et à propos de tant de choses qu’on ne les entend plus. Entre le grondement des mauvaises nouvelles servies en fast-food à toute heure de la journée et celui non moins assourdissant des autoroutes, des avions et des machines à laver le linge et la vaisselle, nous planquons nos oreilles sous les casques en tout genre. La musique adoucit les mœurs et le cancer nous guette au travers des ondes téléphoniques, peu importe pourvu qu’on se tienne à bonne distance hertzienne de la fin des uns et de la faim des autres. L’ombre portée sur le mur serait-elle celle d’un voisin qu’il suffira de rentrer la tête dans les épaules, de diriger le faisceau des phares longue-portée juste à côté, là où la route est bien large, sans risque de se perdre dans les recoins sombres.

La nôtre propre, plaquée au sol ou rejetée derrière nous comme une cape de suie grise, nous ne la découvrons qu’à rebours, avec incertitude, cette ombre dans l’ombre trop petite ou trop grande pour s’y reconnaître. Elle est tout ce qui reste d’un passage furtif, muette et sans âme, telle le symbole exact du peu de choses que nous sommes, et que nous laisserons.

Plutôt que l’évocation stupide d’un téléphone portable j’aurais voulu voir sur l’image un coquillage et des mains d’enfant, humer la brise d’une falaise au bord de la mer le plus loin possible d’une quelconque et humaine construction…


Pour cela il me faut de nouveau de toute urgence tourner le bouton off de la télévision et assurer ma sauvegarde – à défaut de me tourner les sangs pour celle des autres à laquelle je ne peux rien, ou si peu – le plus loin possible de cette routine assujettissante : la pseudo-conscience de masse me semble être la pire des dictatures ! Voyez comme il fait gris dans mes mots, sans la douce lumière qui rend à l’ombre ses contours et à l’humanité sa si fragile et perfectible nudité. 

Exercice 37 - Ecriture sur image

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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 19:21

Séance de rattrapage

Pour l’exercice 58 d’écriture Ludique.

Même exercice, même liste de mots que dans l’article précédent mais en suivant correctement la consigne cette fois-ci et dans une écriture plus… ludique.

 

Dans la fraîcheur de la nuit

Il étire sa jambe et roule

Sur le côté

Elle a cru l’entendre murmurer

Ou était-ce un cri ?

De ses sommeils agités

Fidèle gardienne,

Elle sourit et hoche

D’un persuasif effet de caboche,

Quittant le noir d’ébène

De sa nuit, de son lit

S’arrachant au masque

Impassible ou fantasque

Des rêves éphémères et dit :

Mon ange, mon amour, mon chéri !

Réveille-toi je t’en prie,

Souviens-toi : parallèle !

Un non ronchon répond mais elle

Redresse l’arabesque

Et s’il fallait, pour réparer

Sa jambe cassée, l’écarteler…

Elle le ferait !

Enfin, presque.

 

Rappel de la consigne : 10 mots vous sont proposés cette fois-ci, et il faut les utiliser "tous"... mais chaque mot est à choisir parmi 4, un mot principal et trois synonymes.

 

présence, compagnie, fraîcheur, régularité
compas, boussole, jambe, règle

gémir, murmurer, réclamer, ronchonner
fidèle, adepte, constant, immuable
convaincant, décisif, persuasif, péremptoire
loup, bête, masque, rusé
rapide, chute, éphémère, fugitif
parallèle, clandestin, recoupement, tranchée
courbe, arabesque, cambrure, diagramme
tendre, converger, graviter, écarteler

Les mots surlignés sont ceux que j’ai utilisés.

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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 14:19


Photo empruntée ici

 Pour ce qui concerne l’évènement : je n’y étais pas, aussi le texte qui suit n'est que la vision / fiction d’une scène telle que je l’imagine. Ne connaissant pas la victime je lui ai prêté les traits de tel ou tel copain motard, ressurgi de ma mémoire d’ancienne – très ancienne – « routarde ».

Mais comme il s’agit hélas d’un fait réel, vous pouvez consulter les articles suivants :

 

La Dépêche, article du 10/10/2008 

La Dépêche, article du 11/10/2008 

La Dépêche, article du 12/10/2008 



Ecriture Ludique, exercice 58 : mots imposés et synonymes

présence, compagnie, fraîcheur, régularité
compas, boussole, jambe, règle gémir, murmurer, réclamer, ronchonner
fidèle, adepte, constant, immuable
convaincant, décisif, persuasif, péremptoire
loup, bête, masque, rusé
rapide, chute, éphémère, fugitif
parallèle, clandestin, recoupement, tranchée
courbe, arabesque, cambrure, diagramme
tendre, converger, graviter, écarteler



La traversée de la ville ne lui prenait que dix minutes, mais certains jours ça tenait du sport de combat. Louvoyer entre les taxis dédaigneux du code la route et les piétons inconscients traversant à l’aveugle, ne pas quitter des yeux les véhicules se profilant dans le rétroviseur sans se faire arracher celui-ci dans le dangereux frôlement d’un dépassement intempestif, tout cela demandait une maîtrise de chaque geste, à chaque instant.


Dans l’agitation habituelle d’un début de soirée la présence d’un autre deux-roues venant lui tenir compagnie au feu rouge n’avait rien pour attirer son attention.

Sur le pont, les rayons du soleil déclinant faisaient miroiter à peu près tout : rambardes, carlingues et autres poteaux indicateurs, un paysage métallique se reflétant dans la fraîcheur du fleuve en contrebas. Avec la régularité d’une horloge, le trafic cessait puis reprenait. Derrière lui le flot s’était arrêté à l’intersection précédente. De l’avantage de la moto, avoir ainsi une longueur d’avance et respirer un peu.

Lorsque l’autre équipage motard – deux hommes en selle - vint se placer près de lui comme une branche de compas lui fermant la route il n’eut pas le temps de penser qu’ils étaient peut-être des amis qu’il n’aurait pas reconnus sous les casques ou des frères de la route en quête d’un renseignement… Déjà l’un d’eux se ruait sur lui et tentait de le désarçonner pour lui voler sa monture. Quoi, une agression ? Ici ? On lui faisait ça à lui ? Pas question de se laisser intimider, de laisser son rythme cardiaque s’affoler comme une boussole dans le champ magnétique de la ville de métal… Il devait se battre, repousser du coude, du pied, de la jambe (ne pas lâcher la bécane !) celui qui osait s’en prendre à lui ! La règle voudrait que l’assaillant recule face à une telle résistance, sous le regard des nombreux témoins qu’on imaginerait prompts à voler à son secours… Au lieu de cela ce fut la lame d’un couteau qui ajouta son éclat mortel au tableau.  Avant que l’homme blessé, à terre, ne commence à gémir de douleur les voyous avaient disparu et sa moto avec eux. Le souffle coupé, il murmura à l’automobiliste qui se précipitait à son secours qu’il allait bien, il était atteint au bras mais rien de grave, l’urgence c’était de les poursuivre, de les attraper, de les arrêter. Il réclamait justice et ronchonnait déjà en songeant à la galère des démarches : médecin, papiers, police…
Vaine poursuite. Au retour du bon samaritain – ou de quelqu’un d’autre peut-être ? Il ne savait plus, sa vue se brouillait – son état s’était aggravé, ses blessures devaient être plus sérieuses qu’il n’y paraissait. Son esprit se concentrait sur la seule image qui le maintenait en colère et en éveil : un inconnu prenant la fuite aux commandes de son fidèle destrier… Il n’était pas un adepte de la violence et était d’un naturel constant et calme mais pour le coup, le désir de vengeance devait le garder conscient.

Rien n’est immuable… Sa vie comme son humeur venait de basculer.  Les heures puis les jours suivants ne furent qu’une lutte désespérée. Son foie était touché et ni la force de son jeune âge ni le savoir convainquant de la médecine ne furent en mesure de réparer.

 

Mais que fait la police ? L’agression n’est pas la première du genre mais cette fois il y a eu mort d’homme.

Les motards sont en colère. Il faut réagir, le dire, le faire savoir. Bien-sûr il faut penser à sa famille, ne pas agir trop vite au risque de choquer mais, attendre n’apporterait rien non plus. Le moment est décisif, il faut alerter les médias, être persuasif, forcer la main au destin. Dans les sphères sympathisantes le ton se fait péremptoire : il faut faire chauffer la gomme pour montrer qu’on est nombreux sur la route. Montrer qu’on n’a pas peur de dire qu’on refuse d’avoir peur ! Cela se fera dans le calme. Même le vieux loup solitaire rejoindra la meute hurlante des moteurs de toutes cylindrées, un brassard blanc sur son blouson noir. Celui-là préfèrerait sans doute donner la chasse à la bête immonde qui a déshonoré les rangs, un casque anonyme en guise de masque et qui rôde quelque part, tout près, tel un rusé renard à l’affût de sa prochaine victime…

 

La mise en place rapide d’une action prend forme grâce au flux internet, rapide comme un bolide. La presse locale relaie l’information – hélas boudée semble-t-il par la nationale trop occupée à débattre de la chute des organismes financiers et peu émue de l’éphémère destinée d’un ange de la route – et couvre la manifestation : quelques cinq cent motards réunis sur le Pont Saint-Michel un samedi après-midi, plus encore attendus le samedi suivant.  Au sortir d’une anodine visite au parc des expositions, les passants auront été saisis d’un trouble fugitif devant l’attroupement calme, encadré d’un dispositif de sécurité en gilets jaunes.  Certains auront guetté les infos du soir en guise d’explication, en vain. Un tel rassemblement par beau temps, avec le vent d’Autan qui décoiffe les hippies tout de cuir vêtus, ça ne peut être qu’une chouette virée de petits veinards… La nostalgie d’une vie parallèle en roue libre effleure le rêveur, mais demain c’est dimanche, et à moins de tomber sur la dernière édition en ligne des potins du coin on ne saura rien.

J’insiste lourdement : serait-il donc un mort clandestin que le grand public n’a pas à connaître ?

Je m’arrête là des mots imposés. Pas qu’ils soient inexploitables mais justement c’est le mot qui me pose problème, le fait d’avoir exploité ce sujet me met malgré tout un peu mal à l’aise et l’écriture en est devenue épuisante. Je crois que j’avais besoin de mettre des mots sur tout ça… L’exercice m’a fourni l’occasion de le faire de manière plus sobre que l’indignation me l’aurait dicté. D’ailleurs je crois que je n’aurais rien écrit du tout.

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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 11:53

L’un dit :

Une petite ballade, ça te dirait ?

Non répond l’autre, j’ai pas envie de sortir.

Donne-moi les clés de ta bagnole alors.

Il n’en est pas question. T’as qu’à marcher.

 

Marre ! tu veux jamais rien faire !

Ah oui ? Faut voir ce que tu proposes…

Rien, jamais rien de bien je sais.

D’accord, on sort.

Inutile de faire semblant va, laisse tomber.

 

Mais non ! C’est juste que…

Encore une fois tu vas tout critiquer,

Ronchonner, râler, traîner les pieds…

Critiquer ? Je dis jamais rien !

Rappelle-toi le bord de mer.

Et alors ? Il faisait froid, c’était en février !

Dans quel tiroir elle est la carte routière ?

Ici, avec les horaires de train.

 

J’ai pas envie de prendre le train.

Essaie le stop, on sait jamais…

Une fois j’ai arrêté un camion de bétail.

De vaches ? Ca devait sentir bon tiens !

Il tombait des cordes j’avais pas le choix…

 

Viens avec moi je te paierai un verre.

Essaie pas de me soudoyer avec une bière…

N’importe quoi. T’as envie de quoi alors ?

De moules à la crème.

Rien que ça ! Le resto c’est pas le même tarif !

Est-ce que j’ai parlé de resto ?

Drôle de temps… Où t’as mis mes gants ?

Immature ça prend deux « m » ?

 

Saloperie !

Attends ! C’est juste mes mots croisés !

Mais oui, bien-sûr.

Eternel insatisfait en cinq lettres…

Décide-toi, on sort ou pas ?

Il va pleuvoir, y a quoi à la télé ?

 

Dieu. L’éternel en cinq lettres.

Il est quelle heure ? Tu te lèves déjà ?

Ma mère nous attend pour déjeuner.

Ah non alors ! C’est ça ta seule sortie de la semaine ?

Ne complique pas tout s’il-te-plait.

Comprenne qui peut, c’est moi qui complique.

Hier on aurait pu aller au ciné.

Ecoute, on ira la semaine prochaine…

Exercice d' Ecriture ludique.
Rédiger sept textes, chacun traitant d'un jour de la semaine.
contrainte 1 : faire des acrostiches
contrainte 2 : que votre "semaine" en acrostiches traite d'un thème que vous aurez choisi (l'hiver  /  l'été  /  galères  /  amoureux  /  Trifouillis-les-Oies... ce qui vous chante!)
Bon j'ai peut-être un peu floué la consigne en écrivant ceci comme un dialogue dans lequel la notion de temps et de jours n'est pas flagrante... Mais je me suis amusée à le faire en écriture quasi automatique, en une petite demi-heure :-)

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