Dites trente-trois

Publié le par Eryn

Illustration provisoire. Je ne connais pas l'origine de cette image.

La bête tapie au fond de la grotte a ouvert un oeil. Puis deux, puis dix. C'est un monstre mais pas une chimère. Le temps glisse sur elle, parfois l'amoindrit jusqu'à la rendre transparente, ténue jusqu'à l'inexistance. Leurre. Le temps glisse sur elle sans jamais la tuer. Au réveil pas un signe de vieillissement sur sa cuirasse, bien au contraire. Elle prend du poids, de l'épaisseur. Lourde et grosse comme prête à enfanter un ouragan. Les cycles se succèdent, dans son ventre de gargouille la digestion se fait rumeur puis grondement. Elle exhale des poisons brûlants comme un volcan qui s'ébroue après un siècle de sommeil.

Comme elle s'étire elle explose les murs, embue les huis grises qui se couvrent de larmes.

J'ai rencontré un humain. Enorme. Un phénomène d'empathie dont je ne soupçonnais plus l'existance depuis longtemps. Je lui ai parlé de la bête, de son grondement plus fort qu'à l'accoutumée. Il semblait la connaître et pour l'attirer hors de sa tanière afin de la peser et de la mesurer il lui a proposé un jeu : quelques séries de questions auxquelles elle a répondu sans peine et sans méfiance. Ensuite il a posé une grille avec des chiffres pour faire l'addition.

Trente-trois. Gros score. Ca lui a permis de nommer la bête pour m'aider à l'apprivoiser. Elle s'appelle "dépression". Il a bien vu aussi que ça s'agitait dans le fond, que ça tiraillait tous azimuts le long des nerfs tendus à bloc : elle a des copines, elle a fait des petits ! Des miello-quelque chose, j'ai pas bien retenu leur nom parce que la monstresse se nourrit de ma mémoire. Il me fait jouer au petit poucet avec des comprimés qui devraient apaiser sa fringale destructrice. Pour commencer, pendant qu'elle fait un petit somme je lui ai repris un peu de mes mots. Je crois qu'elle les gardait en otages depuis un bout de temps.

Publié dans contreaddictions

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sieglind la dragonne 05/11/2007 08:20

Re-PS: Je pencherai plutôt pour une liche pour l'illustration... mais les avatars de la mort sont multiples s'pas ? Allez, je file, plein de trucs et suis même pas encore passée par la case salle de bain (les bêtes commencent à tourner hé, hé)

sieglind la dragonne 05/11/2007 08:18

Comme la sorcière au fond de la mer, piquant la voix de la P\\\'tite Sirène hé, hé... C\\\'est vrai que les mots semblent nous avoir déserté hein ma belle quand on est dans ce genre de situation... Désolée du retard, (inscrite, mais bizarrement, pas reçu d\\\'avis pour cet article) j\\\'ai dû passer par Kildar pour trouver ton p\\\'tit coucou chez lui.... Bises et je te bigophone incessamment sous peu bicouze ze opéra évidemment hé, hé....PS:  Je me relis avant de poster et trouve ma première faute (qu\\\'une seule ?!) Sorcière au fond de la "mère"... J\\\'ai corrigé, mais je me demande si ce n\\\'était pas un lapsus révélateur pour ma part hé, hé....

Kildar 23/10/2007 15:44

La bête était énorme, son appétit vorace
 J'ai tenté de la fuir, la piégeant dans la glace
 Elle s'est mise à gronder, elle avait pris ma place
 L'heure n'était plus à jouer, elle s'est faite menace
 Je me suis redressé, elle n'était que grimaces
 Il me fallait ruser, lui faire perdre la face
 Elle était prête à bondir, à dévorer l’espace
 J’ai écarté les bras, d’un geste lui ai fait grâce
 Elle s’est jeté sur moi,  et sans laisser de trace








Elle s’est évaporée,  j’ai ouvert les yeux : le rêve était tenace.
Cadeau de toi à moi, il m'est venu comme ça....

papa de Lili 20/10/2007 16:06

Je n'avais pas fait attention à l'illustration! C 'est un personnage des légendes de Bretagne: ''l'Ankou'' qui passe la nuit dans sa charrette grinçante pour emmener les défunts....Comme la plupart des légendes bretones celle-ci est liée aux origines celtiques de la région! Amitiés.

planeth 20/10/2007 08:40

vindiou, ouvre le robinet,  de cet accabit, on en lira jusqu'au bout de la nuit,  en attendant tes écrits, bouquin à lire: "la maladie cherche à te guérir", Dr philippe Dransart.          courage titine