singerie

Publié le par Eryn

extrait d'un vieux truc qui prend l'air à cause de Loïs et Koko ;-)

Le son – toujours beaucoup trop fort – me tirait de temps à autre de ma chappe protectrice et les images brèves que je percevais alors saupoudraient mes rêves de leur puzzle incongru. Une vallée jaune, étrange. Des hommes aux yeux entièrement bleus. Ceux-là je les connaissais. Etait-on allés voir Dune ? Ces visages-là devaient provenir d’une autre séance, ou bien de ma seule imagination. Et puis il y avait un singe. Un singe affreux qui s’était mis à me poursuivre dans une de ces fameuses rues en pente, au milieu d’une course-poursuite de voitures des années cinquante. J’étais en nage quand Marc m’avait secouée avec douceur avant la fin de la projection. .../...

La pluie avait cessé et, toujours le singe en tête, une brusque inspiration m’avait jetée dans le métro pour me déposer un moment plus tard rue de Rivoli. Je sortais toujours du côté qui m’obligeait à traverser dangereusement l’un des endroits les plus animés de la rue commerçante, avant de retrouver le havre magique du marché aux fleurs et enfin le quai, entièrement dédié aux animaleries. «  La Mégisserie  » me faisait penser à « la ménagerie ». D’habitude je ne regardais jamais les singes et autres animaux exotiques dont l’odeur me répugnait. Je leur préférais les reptiles, dont j’enviais le sang froid. C’est bien à l’odeur que je trouvais les drôles de bestioles à l’allure humaine rétrécie et difforme. Leurs mains étaient fascinantes. Je les regardais jouer comme celles de nouveau-nés étonnamment habiles, en prenant soin d’éviter les regards humanoïdes qui trouaient leurs masques grotesques d’une intensité qui me mettait mal à l’aise. Une mâchoire ricanante, posée avec humour sur le reflet de ma bouche dans la vitrine, m'avait soudain renvoyée à une de ces atrocités qu’on vous raconte alors que vous êtes trop jeune pour supporter l’empreinte qu’elle laisse dans votre cerveau :  il s’agissait d’un souvenir de guerre au Vietnam. Revue de troupe. Des hommes en rang, très jeunes, très droits dans leurs uniformes. Entre autres consignes, l’interdiction de posséder un animal domestique, sous peine de grave punition. Evidemment, l’un d’entre eux avait failli à la règle, et cachait sous sa veste un minuscule singe apprivoisé. Pas tant que ça, si on en croit la terrible mésaventure du soldat ! De peur d’être découvert, il s’était retenu de crier lorsque le singe avait commencé à lui mordre le torse. Combien de temps avait-il tenu avant de s’effondrer, plus mort que vif, l’abdomen à demi dévoré ?

oups j'ai eu la main leste sur le copier/coller je vire la suite qu'avait rien à faire là aujourd'hui ;-)

Publié dans contreaddictions

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Loïs de Murphy 16/04/2007 13:42

Wow ! Que de singes hostiles :o))

Eryn 16/04/2007 15:49

ça doit être le climat d'avril-mai :-))