Entre deux eaux

Publié le par Eryn

marché de plein vent, un vendredi matin.

La botte de poireaux tombe tant bien que mal dans mon sac mais les pièces de monnaie, échappant à mes doigts gourds, s'éparpillent dans la cagette d'endives. Pardon, j'ai les mains glacées, dis-je à la marchande. C'est que vous avez le coeur chaud ! Une vieille dame renchérit avec une nostalgie toute nordique dans la voix.

L'éternel féminin, ou l'éternité tout court.

Je troque illico Aznavour contre Ramon* et un billet d'avion pour les îles sous le vent. La misère ne me semble pas, mais alors pas du tout, moins pénible au soleil ! Le manque d'eau, les moustiques et autres miasmes nombreux et variés, la putréfaction qui guette tout corps abandonné à sa soif, enfin bref, le joyeux tableau que m'évoquent ces deux mots là collés ensemble - misère et soleil - me donne plus que tout le reste encore la furieuse envie de migrer loin vers le nord. Et par les temps qui courent, ça ne peut pas faire de mal de réviser la polyglottie non naturelle mais tout juste scolaire de tout français bien éduqué.

* R. Pipins et sa glaciale Astrid qui est à l'amour ce que la chambre froide est à l'institut médico-légal

60° de latitude nord.

Parce que je n'y suis jamais allée et qu'en vieillissant les voyages qui n'ont pas formé ma jeunesse me démangent de plus en plus souvent les pieds et la cervelle. Parce que j'aime qu'il fasse chaud l'été chez moi uniquement pour profiter de la tiédeur dedans la maison, à l'ombre. Parce que je ne suis pas la fashion victime coincée entre les régimes et la dernière coupe des bikinis qui laissent voir tout tout tout à condition qu'il n'y ait rien à voir et surtout pas des poils (hors-sujet peut-être mais ça me sort par les yeux ce truc de l'épilation à tout crin !!!). Parce que j'aime la laine sur pieds (de moutons) et la broderie utile en tentures isolantes aux murs plutôt qu'en cadres dans les salons parisiens.

Parce qu'il y a sans doute en moi un gène persistant : la généalogie me ramène aux vikings et aux celtes. Mes goûts culturels aussi. (Sauf peut-être pour la danse et la musique : je soupçonne une maudite ascendance sud-américaine ou africaine d'être responsable des incorrigibles trémoussements qui s'emparent de mon enveloppe corporelle dès les 3 premières notes d'une biguine ou d'une salsa...)

Parce que tout ça et plein d'autres choses, mes rêves de périgrinations passent par l'Irlande, remontent vers l'Ecosse, lèvent les yeux sur le Grand Nord et décident de se poser entre les deux, sur une île verte et venteuse au doux nom de Shetland, Fair Isle ou Faoré. Avec une amplitude de 10° seulement entre le froid de l'hiver et la relative douceur de l'été mes mains agiles et mon cerveau lent (ça tombe bien il y a du vent !) retrouveraient peut-être le rythme ?

Publié dans contreaddictions

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planeth 12/04/2007 10:00

bon ben faut y aller là, dans ces îles machin feroë, sinon tu vas nous tomber malade, quand on a une obsession, faut y céder coute que coute!

Eryn 12/04/2007 11:05

j'obsessionnes + haut que mon autorisation bancaire !!!
tant qu'à faire à avoir épousé un type qui bosse dans l'aéronautique j'aurais dû choisir le père nono LOL

Loïs de Murphy 27/03/2007 14:38

Ouais ben ma vieille quand on sait écrire faut pas faire languir ses lecteurs  comme ça ! J'ai failli attendre ! :o)

Eryn 27/03/2007 16:41

là j't'en chante une autre : "je suiiiis maladeuuuuu......."
et j'attends le concert de polnareff en juin pour vibrer d'inspiration. y parait que ça marche dixit mon zhom' qu'a la plume qui court toute seule depuis Bercy au début du mois :-)))
sinon + sérieusement j'ai un écran qui joue à jour / nuit c po pratique